Le Roi Lion se fait attendre : première le 11 novembre 2021

Le 26 mai 2021, Eventim a faire part du nouveau report de la première du Roi Lion à Paris :

La décision récente de l’Etat français de ne plus délivrer, temporairement, de visa aux ressortissants sud-africains empêche les artistes originaires de ce pays de rejoindre la troupe et bouleverse les plannings de préparation. Par ailleurs, des mesures de quarantaine toujours imposées par le Royaume-Uni à l’entrée de ses frontières ne permettent pas à la troupe de procéder aux essayages costumes dans les ateliers situés en Angleterre où sont entreposés les quelque 300 tenues nécessaires à ce spectacle. Ces empêchements provisoires, indépendants de notre volonté, nous ont contraints à reporter la date d’ouverture du spectacle.

Eventim.fr, email du 26 mai 2021

La première du Roi Lion aura lieu le 11 novembre 2021 et sera précédée de 4 avant-premières les samedi 6, dimanche 7, mardi 9 et mercredi 10 novembre à 20h.

Magie, où es-tu ?

La première française du musical La Belle et la Bête a lieu ce jeudi 24 octobre au théâtre Mogador. Si les avant-premières ne sont pas suffisantes pour juger du jeu des acteurs et de la fluidité de l’action, on a déjà un bon aperçu de la mise en scène.

La mise en scène présentée à Paris n’est pas celle créée à Broadway en 1994. Si le texte et la musique ne sont pas considérablement modifiés, ce n’est pas le cas des costumes, des décors et des chorégraphies.

La version originale de Broadway a été créée par Robert Jess Roth, avec des chorégraphie de Matt West, des décors de Stan Meyer et des costumes de Anne Hould-Ward. Pour cette version, créée en 2005, la mise en scène est de Glenn Casale, avec des chorégraphies de John Macinnis, des décors de David Gallo et des costumes de Miguel Huidor.

Cette mise en scène a été présentée pour la deuxième version de Madrid, mais aussi aux Pays-Bas, en Belgique, à Berlin, à Milan…

Deux changements sont plus particulièrement radicaux.

À Mogador, le Prologue de l’histoire est curieusement traité comme un film, un très beau film avec la voix de Catherine Deneuve, mais un film malgré tout.

À Broadway, ce prologue était joué, en live« Once upon a time, in a faraway land, a young prince lived in a shining castle… » était dit par un acteur de la troupe, en coulisse. Chaque soir l’interprétation changeait en fonction de ce rien qui est la relation entre le plateau et la salle… ce rien que l’on pourrait appeler… la magie du théâtre.

Au delà de la parole, il y avait aussi l’image. Dans la version originale, devant la porte du château, on voyait la vieille femme, qui après s’être transformée en fée jetait un sort… pyrotechnique… sur le prince qui se métamorphosait en bête ! Même si cette transformation n’était pas spectaculaire, elle donnait déjà un ton magique à cette œuvre !

Prologue lors de la présentation de Beauty and the Beast lors des Tony Awards en 1994 :

Le deuxième changement radical, c’est la transformation finale de la Bête en prince. À Broadway, le corps de la bête s’élevait du sol, tournoyait dans les airs avant de se transformer en prince. Quand on savait que le maquillage prenait plus d’une heure à être posé, on se demandait comment cette transformation était possible.

Dans cette vidéo, à 1:45, on peut voir le début de cette transformation :

Pourquoi avoir oublié ces deux éléments ? Sans doute étaient-ils complexes… mais ils donnaient à l’œuvre une féerie, un extra-ordinaire, un jamais-vu particulièrement puissant !

Les archives du web : Candide a vu La Belle et la Bête à Londres

Interview réalisée en décembre 2000 par email. Candide Ohannessian a vu La Belle et la Bête à Londres en 1998.

Tu as été voir la Comédie Musicale de Disney La Belle et la Bête. Pourquoi as-tu eu envie de la voir ?

Candide Ohannessian : J’ai une fascination pour les productions Disney et pour le spectacle en général, notamment pour les comédies musicales qu’on ne trouve pas en France… J’ai été impressionnée par les décors, par les effets spéciaux comme tous, mais également par la qualité des artistes : danseurs, chanteurs, comédiens. La beauté et la qualité des décors sont admirables et de plus, la scénographie est très bien étudiée : la machinerie en place doit être de qualité exceptionnelle ! Le plan lumières est riche et lui aussi très bien étudié pour assister les effets spéciaux et pour mettre en valeur les décors et les personnage !

Trois moments forts me restent en tête :

  • Premièrement, le ballet de Gaston avec les bock de bière : une chorégraphie recherchée avec une idée et un accessoire très originale : le bock en étain.
  • Deuxièmement, le final de la danse des couverts et des assiettes dans le château, il se termine par des feux d’artifice en fontaine. La synchronisation de la mise en place des feux et leur combustion m’ont vraiment surprise ; il est toujours très délicat d’utiliser des feux d’artifice en salle !
  • Troisièmement, la transformation de la bête en prince, je ne dois pas être la seule !!! Je ne suis pas novice en matière de spectacle et j’ai été très vigilante à ce moment pour découvrir leur trucage ; j’ai été complètement bluffée et émerveillée aussi ! Il y a un formidable effet de lumière qui nous laisse ébahi devant une telle magie !!! Comme une petite fille, je dis : c’est magique et pourtant… j’aimerais savoir.

Tu connais sans aucun doute le dessin animé, comment trouves-tu l’adaptation ?

Candide Ohannessian : L’adaptation n’a pas appauvri l’histoire, au contraire elle est enrichie car très travaillée dans le détail. Les décors sont élaborés avec minutie, ils nous plongent dans un univers proche du dessin animé et cela a du être difficile à retranscrire. La mise en place des décors est, elle aussi, surprenante, je trouve le château époustouflant, franchement quand il est apparut j’étais scotchée sur mon siège. Les costumes ? Très mignons aussi, et très riche, avec des matériaux sans doute très nobles. Mais en fait c’est plutôt les décors qui m’ont impressionnée.

Penses-tu que l’orchestre soit indispensable ?

Candide Ohannessian : Je suis pour le live qui donne toujours une autre dimension à un spectacle ; je crois que l’on vit différemment une représentation lorsqu’il y a du direct, surtout avec un orchestre de cette dimension.

En conclusion ?

Candide Ohannessian : Je conseille à tous d’aller voir ce spectacle pour la beauté du spectacle d’abord. C’est pour moi très important qu’une production artistique soit belle, donne du ‘beau’ à nos yeux parfois blasés. Mais ce spectacle permet également de faire comprendre ce qu’est un spectacle bien étudié dans tous les domaines : décors, scénographie, jeu des acteurs, chant en direct, chorégraphie, accessoires, lumières, effets spéciaux…

Les archives du web : Clotilde a vu La Belle et la Bête à Londres en 1998

Interview réalisée en août 2000 par email. Clotilde L. a vu par hasard La Belle et la Bête à Londres en 1998.

Que penses-tu de cette comédie musicale ?

Clotilde L. : Ce sont les décors qui m’ont le plus impressionnée. J’admire l’imagination des gens qui les ont conçus. La façon dont les différents morceaux s’assemblent pour former tel ou tel lieu, la richesse des détails, c’était vraiment stupéfiant !

“Be our guest” [C’est la fête] est le moment le plus fou, le plus grandiose. C’était déjà le cas dans le dessin animé, je trouve vraiment formidable d’avoir réussi à recréer cette ambiance délirante et fofolle en “vrai”. Je pensais que ce genre de délire n’était justement possible qu’en dessin animé ou en film, je ne croyais pas qu’on puisse le faire en “live”, en tout cas pas aussi bien…

La scène dans la taverne où ils chantent en frappant leur chope l’une contre l’autre est aussi un des moments que j’ai le plus aimé : je fais partie d’une troupe de comédiens amateurs et je n’ose pas imaginer le temps qu’ils ont passé à répéter ce ballet pour arriver à un tel niveau de précision.

Et l’adaptation ?

Clotilde L. : Impeccable. Tout est bien respecté. On n’a pas sacrifié une partie sous prétexte que ça aurait été trop difficile à réaliser. Les moments forts du dessin animé se retrouvent dans la comédie musicale et gardent le même degré d’intensité, ce que je trouve exceptionnel. Le passage au personnage réel aurait pu faire disparaître l’ambiance magique et féerique mais ce n’est pas le cas, on baigne dans le merveilleux !

Ce qui est exceptionnel c’est que la comédie musicale ne souffre pas de la comparaison avec le dessin animé.

Au début, j’avais un peu peur de me retrouver à un truc du genre du spectacle donné à Disneyland, avec une grosse théière et une grosse “petite tasse”. Je dois dire que l’adaptation des gens en objet est assez heureuse, avec divers degrés de réussite bien sûr. Je dirais que le seul point négatif, c’est la robe de bal de la Belle. Elle aurait je pense gagner à plus de sobriété.

Penses-tu que l’orchestre soit indispensable ?

Clotilde L. : Une bande sonore n’est pas adéquate pour ce genre de spectacle. Quand les gens chantent en direct, la musique doit être en direct, sinon ça perd de son naturel, ça fait karaoké.

Un souvenir ?

Clotilde L. : Le spectacle que j’ai vu était le dernier de la chanteuse qui interprétait Belle. Donc toute la troupe lui a remis des fleurs, c’était très sympa.

Conseillerais-tu ce spectacle?

Clotilde L. :Tout à fait, outre que c’est un très beau spectacle, il a l’avantage d’être accessible à des gens qui ne maîtrise pas bien l’anglais. L’histoire est connue et beaucoup de gens ont vu le dessin animé.

Les archives du web : interview de Alexia qui a vu La Belle et la Bête à Los Angeles, Londres et Stuttgart

Interview réalisée en janvier 2001 par email. Alexia M. a vu La Belle et la Bête à Los Angeles, à Londres et à Stuttgart !

Pourquoi es-tu allée voir La Belle et la Bête ?

Alexia M. : J’avais adoré le dessin animé La Belle et la Bête. En avril 1995 j’étais aux USA et je vois sur la chaîne Disney Channel qu’une comédie musicale sur la Belle et la Bête est en cours de production. J’avoue que j’étais très déçue car je pensais que je ne pourrais jamais la voir. En effet à cette époque la France n’était pas très fan des comédies musicales et il était inimaginable que ce spectacle puisse arriver en France… Mes amis américains mon offert par la suite le CD et je me le passais en boucle. En août 1995 je suis allée à Los Angeles : la comédie musicale s’y jouait!!!!! J’ai bien sûr acheté ma place tout de suite. J’étais sur un petit nuage!!

J’ai vraiment adoré ce spectacle et quand j’ai su qu’il se jouait à Londres je me suis réjouis car c’est quand même moins loin que les USA… Je voulais encore retrouver la magie de cette comédie musicale. Je n’ai jamais été déçue… J’ai été aussi au Japon et j’ai vu que La Belle et la Bête se jouait également là-bas, mais les places étaient trop chères (le Japon est un pays très cher). En plus de cela, je n’y ai même pas trouvé le CD du spectacle.

J’étais donc encore sur ma faim. Et puis comme ce sujet me passionne, j’ai cherché sur le net des infos. Je suis tombé sur un site et j’ai vu qu’on la jouait à Stuttgart. Devinez ce que j’ai fait alors… J’ai pris ma voiture et j’y suis allée toute seule (tous ces kilomètres rien que pour ça…). Ma place achetée au dernier moment, j’ai assisté une fois encore à la plus magique des comédies musicales. Et croyez-moi j’en ai vues des tas (Cats, Les Misérables, Le Fantôme de l’Opéra, Miss Saïgon, Notre-Dame de Paris).

Tu as donc été touchée par quelque chose…

Alexia M. : Oui, par l’atmosphère. Les décors et les costumes sont une véritable merveille. Nous sommes plongés dans un conte de fées et nous sommes sous le charme dès les premiers instants… On retrouve tous les sentiments : l’amour, la joie, l’espoir mais aussi la haine, la peur, la tristesse… C’est très complet. J’ai beaucoup apprécié la transformation de la Bête en Prince. J’ai cherché à voir le truc et je n’y pas réussi (les 3 fois). C’était tellement bien fait qu’on y croyait vraiment. C’est la grande force de ce spectacle: on croit en cette histoire, en ses personnages si attachants.

Le moment que j’ai le plus aimé ? C’est difficile à dire… J’avoue qu’à chaque fois que les premières notes de musique s’élèvent j’ai des frissons…. Dans le spectacle, j’ai bien sûr aimé la scène du bal et son atmosphère si romantique même si je l’ai trouvée trop courte (quand on aime on en veut toujours plus, non?). Sincèrement tout est parfait.

Et puis, cette magie ! Tout se passe sur la scène et on ne voit aucun truc. On croit sincèrement que la magie existe après cela… J’ai acheté un livre aux USA qui explique l’envers du spectacle. On y apprend que tout a été orchestré par Steinmeyer et Gaughan. Ces noms ne te disent rien mais si je te dis qu’ils ont travaillés avec David Copperfield on comprend le niveau de ces effets spéciaux !

Comment trouves-tu l’adaptation du dessin animé ?

Alexia M. : Elle est parfaite. On retrouve tous les personnages qui ont fait le charme du dessin animé. Ils sont même bien plus travaillés. Tout est plus abouti, plus profond. Le spectacle durant une heure de plus que le dessin animé il est évident que l’histoire a été enrichie. Petite confidence : je préfère la comédie musicale au dessin animé. Notamment parce qu’on ressent plus la détresse de la Bête. Les objets enchantés dans le dessin animé apportaient une pointe d’humour qu’on retrouve dans le spectacle mais, en plus, on réalise qu’ils souffrent également de ne plus être humains. Le sentiment d’espoir est lui aussi plus présent que dans le dessin animé. On retrouve d’ailleurs une chanson qui devait être dans le dessin animé “Human Again” et qui a été remplacée par “Something There” [Je ne savais pas]. Cette chanson a été écrite par Howard Ashman peu avant sa mort. Lorsque les objets entament cette chanson, il y a beaucoup d’émotion derrière.

Et puis les costumes sont superbes! Ce n’est pas étonnant si Ann Hould-Ward, qui a créé les costumes, a obtenu des récompenses pour son travail sur ce spectacle. On retrouve les mêmes costumes que dans le dessin animé mais avec un soucis du détail…. Belle a d’ailleurs deux robes de bal différentes (alors qu’elle reportait la même à la fin du dessin animé). Les costumes des objets enchantés sont très impressionnants car ils possèdent leurs propres effets spéciaux. Par exemple Lumière, qui a été transformé en candélabre, allume et éteint les flammes qui sont au niveau de ses mains.

Les décors très riches et même baroques permettent d’obtenir une atmosphère de conte de fées. Je sais que je me répète mais il suffit de voir des images du décor pour comprendre ce que je veux dire.

Et il y a aussi les lumières ! Sans elles, impossible de rendre une impression de chaleur dans le village de Belle, ou ce sentiment d’oppression dans le château.

Une anecdote : Susan Egan (la première interprète de Belle) a entendu un soir, une petite fille de 10 ans qui a dit: “Elle a la même robe que moi !”… Les enfants adorent et les adultes aussi…

Quand je suis allée à Stuttgart je n’étais entourée que par des adultes. Ce qui prouve que ce spectacle s’adresse à toute personne croyant encore à la magie. Et pour celles qui n’y croient pas, elles changerons d’avis après….

D’ailleurs, j’en parle autour de moi, je prête CD, programmes, livre. Mes amis américains y sont allés grâce à mes conseils et ils ont beaucoup aimé : on ne voit pas le temps passer. Et même si on connaît déjà l’histoire, on est toujours inquiet de savoir si la Bête va réussir à se faire aimer. On rit, on pleure. C’est un spectacle qui peut plaire à tout le monde.